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Intelligence du propos, richesse des influences [...] le tout servi par un trait souple, presque élastique, aux aplats de couleurs hyper soignés. Ce bel objet de 124 pages est une réussite.
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Le Grand Rouge pose joliment quelques questions essentielles sur la colonisation, l'écologie et la liberté. [...] Une très belle bande-dessinée
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Un bon moment de lecture à renouveler rapidement
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Ce premier album intéressant et prometteur ravira les lecteurs en quête de nouvelles expériences
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Le Grand Rouge est un album très riche qui emprunte à plusieurs genres et imaginaires: le roman d'aventure et de piraterie, la fable mais aussi le fantastique. Comment définirais-tu ton album?
W. : Le récit est un melting pot de différentes influences et codes empruntés à divers genres. On retrouve par exemple des emprunts aux romans d'aventure, de cape et d'épée, comme Le comte de Monte Christo, de piraterie comme L'île au trésor ou encore le film Pirates de Polanski... de grands classiques. Le côté fantastique s’explique par mon goût pour les contes, légendes et mythologies. On peut y voir une influence plus ou moins consciente des chefs d'œuvre de Miyazaki comme Princesse Mononoké. Certains choix du scénario sont également dus à mes envies graphiques. Ainsi l’île du Grand Rouge et sa flore fantasmagorique sont dans la lignée d’Aldébaran, un univers riche et majestueux.
La structure de l'histoire est très originale. Au lieu d'un récit linéaire tu as préféré deux récits parallèles qui ne se rejoignent que dans les derniers chapitres. Pourquoi avoir choisi ce découpage?
W. : J'ai voulu transposer à la bande dessinée, l'originalité narrative du cinéma, très peu utilisée en bd. A la manière de films comme Memento ou Usual Suspect, j'ai découpé mon histoire en deux partis que j'oppose alternativement. Ainsi le lecteur lit l’album à la manière d’un thriller, en essayant de comprendre l’histoire sur la base de quelques données. J'ai volontairement donné quelques fausses pistes, le lecteur va ainsi là où je souhaite l'emmener, et pense résoudre "l'enquête". Je voulais une fin semblable à celle du Sixième sens. Toutes les réponses sont apportées par touche et le lecteur doit croiser les informations lui-même.
Il y a également une notion de destin, d'effets boule de neige. Chaque retournement de situation a son explication et sa logique dans des faits passés. Ivan est un homme qui aspire à une liberté loin de toute moralité et contraintes mais un de ses choix va l'entrainer dans une cascade d'évènements qui ne contrôle plus. Le récit montre le fatalisme d'une destinée, à l’image héros grecs ballotés par des forces supérieurs.
Ces deux histoires se déroulent dans deux univers très différents, notamment d'un point de vue graphique. Est-ce pour toi une façon d'explorer plusieurs facettes de ton talent et de laisser libre cours à tes envies?
W. : Effectivement ces deux univers distincts sont un moyen pour moi de me divertir. J'aime me documenter sur des éléments réels comme l'architecture ou les costumes mais j'ai également besoin de faire appel à mon imagination. Je peux ainsi créer des décors inexistants renvoyant à la science fiction et aux rêves. Je ne sais pas si c'est le choix narratif qui m’a décidé à créer deux univers bien distincts ou l'inverse. Les deux mondes sont sans cesse mis en opposition par chapitre alternatif tout en se faisant écho. Le lecteur peut croire à deux univers parallèles.

Tu as été repéré grâce au collectif 13m28. Depuis ce premier projet, comment a évolué ton travail?
W. : 13m28 est une des premières histoires qui n'avait pas de vocation humoristique. Les exigences de Manolosanctis m'ont permis d'acquérir une méthode de travail bien plus professionnelle et structurée. J'ai par exemple réalisé un travail préparatoire d'écriture, et un story board détaillé. Cela m'a fait comprendre l’implication nécessaire à la réalisation d’un projet si ambitieux. Je pense que Le Grand Rouge et 13m28 ont été très formateurs et m'ont donné le goût d'un travail plus réfléchi.