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Ce récit d'héroïc-fantasy à la sauce grand n'importe quoi fait mouche. Drôle, dense, fort d'une galerie de personnage bien tordus, cet album rappelle l'univers du Donjon de Sfar et Trondheim
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Les Aventuriers du dimanche figure parmi les très bonnes surprises de cette première moitié d’année
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Comment sont nés Les Aventuriers du Dimanche ? Est-ce ton travail sur les jeux de rôle qui t’a infuencé sur le projet ?
Jean-Philippe Boudart : Il y a quelques années, j’avais l’habitude de participer à des jeux de rôles grandeur nature. Il se passe tellement de choses involontairement cocasses là-bas, que j’ai eu envie de créer une histoire baignant dans cet esprit. C’est un univers vraiment particulier dans lequel il n’est pas rare de trouver des elfes de la nuit en train de fumer une clope, ou bien de voir un paladin manger des madeleines. Le contraste entre le background héroïque et le comportement des joueurs m’a toujours amusé. Je me suis posé la question, mais qu’est-ce qui se passerait si ces aventuriers d’un week-end entraient dans une vraie aventure ?
Tu as utilisé des styles de dessins très différents pour tes personnages, quelles sont tes infuences pour chacun ?
JPB : Un jour à l’école un prof m’a traumatisé en me faisant remarquer que mes person-nages avaient tous la même tête. Il avait raison et depuis je m’efforce de casser les moules, j’essaye de varier le plus possible les styles. Pour l’Œil, j’ai cherché à dessiner comme un enfant, d’une façon brute, pas trop sophistiquée. Überslip, lui, s’inspire plutôt des vieux cartoons de Disney en noir et blanc. Il y a une sombre poésie qui se dégage de ces dessins animés que je souhaitais retrouver. Le graphisme très contrasté et expressionniste donne aux personnages une dégaine à la fois élégante et inquiétante. Pour Barbaroxe, je cherchais un personnage graphique, assez simplifié, et bon enfant. Son apparence change souvent dans l ‘album, parfois il est tout plat, parfois pas… Je trouve qu’au final il ressemble un peu à un dessin de Petzi. Pour Arkelion, je voulais un trait crayonné, fouillé, vibrant, qui se rapproche des premiers Thorgal. Il devait faire un peu vieille BD européenne, pas trop stylisé, avec des attitudes pas trop marquées. En ce qui concerne Darkzword74, il a un look un peu seventies, un personnage qu’on pourrait trouver dans le “ Yellow Submarine ” des Beatles. Des longues jambes, un petit corps, des proportions limite psychédéliques.

Quel rôle a joué la communauté Manolosanctis dans le développement et les évolutions de l’album ?
JPB : Le retour et les encouragements des internautes ont été primordiaux. Je ne suis pas certain que l’album aurait vu le jour sans eux. Je me suis donné à fond sur chaque planche parce que je savais que quelqu’un la lirait. Bâcler une planche et la poster sur internet, c’est un peu comme si on sortait en ville mal coiffé avec du dentifrice sur la chemise.
Es-tu toi-même un aventurier, à partir sac sur le dos en des contrées lointaines ?Du dimanche certainement.
JPB : Chaque week-end, lorsque j’en ai l’occasion, je parcours la campagne à pied ou à vélo. Parfois, je m’éloigne un peu, comme l’an dernier où je suis parti faire de la randonnée en Islande avec un sac à dos obèse. J’ai égale-ment fait un trek au Pérou (pirogue, jungle, montagnes…), je suis aussi allé me balader en Ecosse et en Irlande. Et à chaque fois ça se passe un peu mal, donc ça me donne du grain à moudre pour raconter des histoires.