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Un pari osé (...) et le résultat s’avère très réussi
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Dur et poignant (...) un émouvant drame humain
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Interview de Tom Viguier
De quelle façon s’est déroulée ta collaboration avec Joseph, le scénariste du Monstre ?
Tom : Vraiment bien, dès la première prise de contact il m’a semblé qu’on était sur la même longueur d’ondes, et il n’a pas fallu longtemps pour que le projet se voie proposé d’être édité (ce qui nous a vraiment surpris). Par la suite, c’est un véritable échange qui s’est produit, l’ensemble a bien évolué et je pense que le résultat nous correspond à tous les deux. J’ai hâte de travailler de nouveau avec lui.
Comment as-tu appréhendé cette histoire de l’intimité d’un grand brûlé de retour à la vie quotidienne ?
T : Malgré la trame ultra glauque de l’histoire, une profonde classe se dégageait de ce personnage, c’est ce qui m’a tout d’abord plu, et ce que j’ai tenté de retranscrire. On ne peut pas s’empêcher de porter un regard curieux sur les gens hors normes, handicapés. Mais ce qui blesse, je crois, c’est d’être pris en pitié. Et on ne voulait pas que le lecteur se dise durant tout le livre «oh le pauvre» ou un truc du genre, on voulait plutôt inspirer une sorte de respect... quelque chose de neutre, et qui se garde de le juger .
Quel rôle a joué la communauté manolosanctis dans ton métier de dessinateur ?
T :Depuis que je me suis lancé dans la bande dessinée, c’est-à-dire il y a un an, la plateforme manolosanctis a très vite été un bon stimulant pour produire. Les membres actifs du site, par leurs réactions, aident à comprendre un peu mieux ce que l’on fait et l’effet que ça fait sur un lecteur. Quand au staff, je les remercie encore de me soutenir et de croire en des petits jeunes comme moi. De nos jours, c’est rare.
D’où te viennent tes inspirations de dessinateur?
T : Dans les bandes dessinées de mes parents, je me souviens de Gotlib et sa Rubrique à Brac, Ptiluc avec Pacush Blues et enfin L’Incal de Moebius. Puis, en me mettant sérieusement au dessin (quelques années plus tard), je suis tombé accro à Nicolas de Crécy, mais alors complètement ! Ensuite j’ai tenté de décrocher et ça fait quelques années que je n’ai pas acheté ni ouvert un de ses livres. Pour compenser, Blain, Sfar, Blutch, et également Ruppert & Mulot, qui m’ouvrent de nombreuses portes. Mais j’avoue ne pas lire tant de bandes dessinées que ça, je fais partie de ceux qui pensent que quelque part, l’inculture crée l’originalité.
Interview de Joseph Safieddine :
Ton album traite du retour d’un grand brûlé à la vie quotidienne. D’où te vient cette idée de reprise de la vie après un traumatisme ?
JS : C'est plus un état d'esprit qui me touchait. Quand on est tout seul, vraiment comme un chien. Et qu'on sait qu'à partir de maintenant il va falloir se débrouiller toute sa vie comme ça. Le manque d'espoir. Il a beau être vivant, c'est quand même pas très folichon... Le personnage doit avancer malgré le fait qu'il est "foutu", il ne sait pas trop pourquoi il survit.
Comment as-tu procédé pour rendre de cette façon les errances psychologiques d'Antoine ? T'es-tu documenté sur le sujet, ou as-tu seulement fait appel à des facultés de compassion et à ton imagination ?
JS : En gros, le personnage pourrait être comparé à quelqu'un qui fait une grosse dépression, sans forcément de traumatisme physique. J'ai essayé d'imaginer ce que je ferais si j'étais si mal, si je n’avais envie "de rien". Comme lui, j'aime bien la pizza et les films. La coke un peu moins.
Quel rôle a joué la communauté manolosanctis dans ton travail de scénariste de bande dessinée ?
JS : On a eu quelques bonnes critiques assez vite, sur le pitch et sur le dessin. C'est encourageant d'avoir aussi vite des retours.
Qu’est-ce qui t’a mené à Tom au dessin ?
JS : C’est Tom qui est venu ! Un don du ciel... Il fait partie d'une bande de dessinateurs à Lyon (la crème !), le scénario tournait un peu dans leur atelier et Tom m'a contacté. Et sans en faire des tonnes, il avait très bien cerné le personnage, il avait même des infos que je n’avais pas...