Paco
La bonté est une seconde nature pour Paco Estevez : ses pizzas sont pétries d'amour, son film " A ninja in the Dark" un témoignage d'amitié et sa carrière de détective un testament à la gloire de la camaraderie.
Sous sa moustache espiègle et son poncho chatoyant, Paco cache un coeur gros comme un bol de chili. Trop gros, peut être, pour franchir les portes de la gloire qui s'ouvrent en grand devant lui. Car si Paco fait tomber le sombrero pour endosser une multitude de rôles, il porte toujours son coeur sur la main
Revisitant les figures emblématiques de la culture populaire à la sauce tex-mex, Zaffiro et les Frères Chiens nous font vivre une série d’aventures aussi drôles que rafraîchissantes, et offrent au monde un nouveau héros qui est, sans nul doute, à deux doigts de rester dans la légende.
Interview de l'auteur
Paco est un album résolument comique, attachant et plein de bonne humeur. Vous sentez-vous plus à l'aise dans ce registre que dans un autre? Souhaitiez-vous depuis longtemps écrire un album comique?
LFC : Nous ne l’avons pas vraiment écrit. Nous nous sommes enfermés dans une pièce pour nous raconter des bêtises qui nous feraient marrer. Après, il a fallu faire un travail de sélection. C'est quand même beaucoup plus sympa d'écrire ce genre d'histoire que celle d'un type dont le visage est passé à la râpe à gruyère (Cf : le Monstre aux éditions manolosanctis, également scénarisé par l’un des Frères Chiens).
Comment s'est passée votre collaboration avec Zaffiro, le dessinateur de l’album?
LFC : Nous nous sommes très vite compris. Sans beaucoup interférer, il a capté les expressions et les univers qui traînaient dans nos têtes depuis le début. Pour ne rien gâcher, ce type sait différencier d’un seul coup d’œil un poncho typique de Michoacan de son vulgaire cousin péruvien. Il y a eu beaucoup d'échanges, nous nous sommes motivés mutuellement sur des séquences, des cadrages, ou des répliques, en trouvant toujours un compromis qui servait au mieux le projet. Et puis, il n'y a de maux qu'un bon chili ne peut guérir !
Zaffiro, quels auteurs, quelles œuvres t'ont inspiré pour cet album?
Z : A dire vrai, je ne me suis inspiré d’aucun auteur ni d’aucune œuvre en particulier pour dessiner cet album. Mon inspiration, depuis que je dessine, s'est faite au fil du temps et des rencontres artistiques. En revanche, je peux dire que les courants comme le surréalisme avec Chagall, Dalí ou Miró, l'expressionnisme de Klee, Kandinsky et Van Gogh, le cubisme de Cézanne, Matisse, Braque et bien sûr Picasso (mon maître absolu) ont joué un rôle dans ma manière de voir les choses et donc, de dessiner... Pour la bande dessinée je citerai Toryama, Tanquerelle, Killoffer, Isaichi Ishii, José Parrondo et Tezuka entre autres...
Pour cet album, les Frères Chiens avaient déjà une idée sur une stylisation plutôt aérée où, par exemple, les cases ne seraient pas tracées au marqueur. On s'est très vite compris !
Pour finir, je crayonne beaucoup et depuis toujours donc quand je cherche une tête rigolote, il m'arrive de piocher dedans... Pour l'anecdote : le pigeon que l’on voit dans l’album, je l'avais déjà fait au collège.
© manolosanctis/Laëtitia Queste
Zaffiro
Pascal Zaffiro est né en Haute-Savoie en 1983. Mais c'est proche du bord du lac de Genève qu'il passe toute son enfance. Titulaire d’un diplôme de dessinateur-concepteur-infographiste de l’école lyonnaise Émile Cohl, il travaille d’abord pour différents projets web puis dans le jeu vidéo. Mais ses papiers et stylos ne le quittent jamais. Il collabore aux artbooks du collectif café-salé, et, décidé à travailler dans l'illustration et la bande dessinée, il entame son premier projet : Paco. Cet ouvrage est cosigné avec les Frères Chiens chez manolosanctis, en 2011. Un projet en collaboration avec Davide Cali est également en préparation.
http://www.pascalzaffiro.com/
http://pzaffiro.blogspot.com/
Les Frères Chiens
L'enfance des Frères Chiens, bercée par les vertes collines du Berkshire au Royaume-Uni, fut des plus heureuses. Une éducation vertueuse mais stricte leur apprit l'importance de la littérature, mais également du sport. Fervents rugbymen, les deux frères étaient des équipiers appréciés de tous. Si Lenny en sortit grandi, poursuivant son exploration des sphères académiques au sein de la prestigieuse école de droit de Cambridge, Douglas ressentit cruellement son potentiel inexploité. Émoussé par un système trop restrictif, incapable de pleinement exprimer ses désirs, il se rua à la découverte d'un monde mûr pour assouvir sa curiosité. Quittant les sentiers battus et n'emportant avec lui que son enthousiasme et sa solide connaissance des classiques du XIXe s., Douglas quitta l'Albion en 2004. Il refit surface à l'été 2007 - "J'ai acheté du lait" furent ses uniques mots en retrouvant son frère. De ces trois années, nul ne sait ce qu'il advint de Douglas, et seul un tatouage étrange sur son mollet droit donne lieu à croire que l'Afrique subsaharienne fut un de ses lieux de résidence.
Tant était grande la ferveur de Douglas pour les arcanes des arts, de l'âme ou la magie du moment présent que Lenny s'en trouva pernicieusement changé. Futur membre du barreau, il se prit dès lors d'intérêt pour l'art de la Renaissance, puis se plut à composer de modestes sonnets et de la musique de chambre pour adoucir ses longues nuits d'études. Ce fut le moment de l'épiphanie : tous deux se prirent à rêver d'un avenir façonné aux burins de leurs passions et s'enivrèrent du doux spiritueux de l'ambition. Alors débuta leur travail - ils s'y révélèrent appliqués, méthodiques et incessants.
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